La Moutade est commune depuis 1870. Auparavant, ce fut un hameau de Cellule, la commune voisine située à environ deux kilomètres. Les habitants devaient traverser les marais, aujourd’hui asséchés, pour établir les différents actes d’état-civil ou se rendre aux offices.

Coté religieux, elle est simple collecte de la paroisse de Cellule. Le service est assuré par un Vicaire ou Secondaire; second prêtre destiné à soulager le curé de cellule dans ses fonctions.
Lors des terribles épidémies de la peste, les habitants ne purent se rendre à Cellule pour enterrer leurs morts. Ils érigèrent une petite Eglise aujourd’hui détruite, dont JB Bouillet (géologue, banquier, ethnographe, conservateur du Musée municipal de Clermont-Ferrand, 1799-1878) fait état dans son ouvrage Dictionnaire des lieux habités du Puy-de-Dôme, 1854 :
« L’Eglise romane, très petite, à été restaurée en 1619, (millésime sur le clocher) ; les chapiteaux des piliers de l’intérieur de l’église sont très intéressants. »

Les morts furent enterrés là ou se trouve aujourd’hui une croix appelée Croix des Défunts, au bout de la rue St Barthélemy, avant la ligne de chemin de fer.

Les diverses épidémies et les inondations rendaient donc le quotidien difficile. Les Moutadaires décidèrent de faire une offensive en demandant à devenir commune à part entière (ce qui leur fut refusé plusieurs fois) et l’autorisation de construire une église. L’autorisation fut accordée en 1840 et la construction s’acheva en 1842. Les matériaux de construction, proviennent de la commune : la pierre extraite au lieu-dit "Chanteloze"; le sable fut tiré de la Morge. La Moutade devient alors "succursale" avec un prêtre résidant. Les constructions du presbytère et du cimetière ont été réalisées en même temps. Comme en témoigne de nombreux écrits, les habitants participèrent à la réalisation des travaux en acceptant d’augmenter leurs impôts; le coût total s’élevant a plus de 45000 francs de l’époque.

Le 16 juin 1839, le Conseil Municipal de Cellule donna son accord pour que les paroissiens de La Moutade bâtissent leur église sur une parcelle du domaine public, où s’élevait le four banal voué à la démolition; désormais ils furent libérés du trajet dominical et soulagés de ce qui était perçu comme une corvée. Imitant leurs voisins, les habitants du Cheix firent de même en 1857.

Ces manifestations d’indépendance devaient fatalement conduire à la séparation définitive. De pétitions en débats au sein du conseil municipal, le projet de sécession fut accepté mais le dossier restait en souffrance. Agacés des retards, les habitants de La Moutade en appelèrent à l'empereur; dans une supplique à Napoléon III en 1862, ils exposèrent leurs arguments où primaient les difficultés de se rendre au chef-lieu qu’était Cellule :

- “1° que la plaine marécageuse qui sépare La Moutade de son chef-lieu établit une distance de près de 4 Km;
-  2° que le torrent du Chambaron et le ruisseau de Cellule qui traversent cette plaine rendent souvent les communications dangereuses;
-  3° que le chemin ferré du Centre éloigne les voies ci-devant établies en les détournant de leur direction première;
-  4° que le manque d’harmonie entre le chef-lieu et La Moutade rend cette séparation urgente attendu que les intérêts publics et privés de chaque section sont négligés et souvent méconnus surtout depuis que La Moutade est séparée de Cellule pour le service religieux.
”**

L’église et un édifice néo-classique très homogène dédié à Saint-Barthélemy à la demande des habitants auprès de l’évêché.

Sa façade est décorée de deux frontons triangulaires superposés que sépare un oculus (ouverture pratiquée sur un comble de voûte): l’un encadre l’unique portail, l’autre correspond à l’extrémité de la toiture.

Le clocher dit clocher porche comprend un massif carré percé d’une unique baie sur chacune de ses faces. Il est coiffé d’une flèche octogonale couverte d’ardoises.

La travée occupant la base du clocher porche est voutée dans sa partie centrale. Elle est séparée de la nef par un mur percé de deux étroits passages latéraux et d’une grande arcade centrale en plein cintre, décorée au revers de pilastre portant, au fronton.

La nef, voutée d’un berceau lisse en plein cintre, ouvre au nord et au sud sur les chapelles dédiées à la Vierge et à Saint Barthélemy avec une statue en bois dorée le représentant, et la chasse contenant ses reliques.

Le chœur, limité par une table de communion, est formé d’une partie droite que terminent deux colonnes placées en avant de l’hémicycle du chevet. Une puissante corniche court tout autour de la nef et de la partie droite du chœur et se termine sur les deux colonnes qu’elle surmonte. Un décor peint, contemporain de l’architecture, est réparti sur les murs et les voutes.

Dans la demi-coupole du sanctuaire, cinq cadres dans lesquels sont peint s les évangélistes, de part et d’autre d’anges agenouillés adorant le Saint Sacrement, les statues en bois doré de Saint-Roch, Saint Joseph, Saint-Antoine et Sainte-Philomène. Au pied des colonnes soutenant Sainte-Thérése de l’Enfant Jésus et Saint Joseph se trouvent celle de Saint-Jean-Baptiste qui provient très vraisemblablement de l’église de Cellule et celle de Saint-Abdon, orthographié Abedon, qui provient certainement du monastère d’Auranche (aujourd’hui disparu qui devait se situer à environ un kilomètre de la commune sur la D122 à gauche un peu avant la croix). Cette statue était accompagnée d’une croix qui fut installée à coté de l’église. Elle est aujourd’hui située dans le cimetière communal. La présence de Saint-Abdon dans la commune laisse à penser qu’il fit un arrêt, lors d’un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle pour se recueillir et se reposer au monastère d’Auranche.

Le beffroi, en bois de chêne, fut commandé en 1841 au sieur Roux, maitre menuisier de Combronde. Deux socles engravés dans les murs ont été nécessaire pour soutenir la charpente. Suite à des travaux de restauration, un incendie le détruisit entièrement. Il fut reconstruit en 1875 avec la forme actuelle.

La cloche, commandée chez les fondeurs l’Lheritier-frères de Clermont-Ferrand en 1841, pèse environ 600 kilos. Son transport fut à la charge des habitants. Quand au battant, il fut fabriqué par le Sieur Masson, maitre serrurier à Clermont-Ferrand. Elle s’est cassée en 1877 le jour de l’enterrement du curé Mouton, d’après la rumeur publique pour avoir sonné trop fort et trop longtemps. Une deuxième cloche fut alors commandée, mais étant fêlées elle fut refondue en 1910. En 1912 la troisième et actuelle cloche fut commandée à Lyon chez le fondeur Burnin. Elle porte l' inscription : "Je m’appelle Marie Régine, fondue en 1912. M Germain étant curé, et M Marius Belin maire de la Moutade. J’ai eu pour parrain Mr Henri-Marie-Anastase Comte de Bonnevie de Pogniat et pour marraine Melle Régine Marie de Bonnevie de Pogniat. Burnin Aine fondeur à Lyon".

L’autel, en marbre blanc veiné, date de 1841. Il est l’œuvre du marbrier Dalle à Clermont Ferrand. Sur le dessus de la porte de la sacristie une mention écrite par le curé Germain sur fond rouge "Autel privilégié", où l'on peut dire la messe des morts les jours où on ne peut la dire aux autels ordinaires.

Le chemin de croix date de 1942. Il fut offert par les paroissiens par souscription pour le centenaire de l’Eglise.
Une chaire, aujourd’hui disparue, se trouvait à droite du chœur à la place du Christ en croix.

Les vitraux, furent, pour la plupart offert par les paroissiens en souvenir de leur proches disparus. Ainsi à droite en entrant dans l’église:
· Un vitrail à motifs géométriques et floraux, sans renseignements.
· Un vitrail représentant Saint-Jean-Baptiste et Saint-Louis rappelant Mr Jean-Baptiste Faure, cousin de du père de Jean Faure, tué en 1914, et Mr Louis Ravel, frère de Mme Juliette Ravel Belin, grand-mère de Daniel Faure, précédent maire de la commune.
En face à gauche en entrant dans l’église
· Un vitrail consacré aux héros de la guerre
· Un vitrail dédié à Saint-Bernard offert par la famille Enreille en souvenir de leur fils mort des suites de la guerre de 1914-1918.
A gauche dans la coupole
· Un vitrail offert par Mme Moulin Faure en souvenir de ses trois fils célibataire tués à la guerre,
Trois vitraux offerts par la paroisse: La vierge à l’oiseau, dans la chapelle dédiée à Marie; Sainte-Thérése de l’Enfant Jésus, à droite dans la coupole; et la bénédiction du curé d’ars, dans la chapelle dédiée à Saint-Barthélemy.
· Le vitrail qui se trouve au dessus de la porte à été offert pour les 50 ans de sacerdoce du curé Rovident.

Autres curiosités
En haut de la nef à gauche Le tableau de Saint-Austremoine premier évêque de Clermont (250-260) Peint en 1826 par BARROIS pour la cathédrale de Clermont-Ferrand, il représente l’évêque de Clermont ayant casse la statue de Mercure. Trouvé sans attrait artistique, il fut mis au rebus par l’administration des beaux arts. En 1870 le Comte de Bonnevie d’Aubiat s’en rendit acquéreur et en fit don à l’église de La Moutade.
La statue de Bernadette Soubirous offerte par l’abbé Rovident, curé de la paroisse de 1925 à 1966, lors de son jubilé (50 ans de sacerdoce) en 1953. Elle fait face à la Vierge, représentant ainsi l’adoration que Bernadette portait à Marie.
La statue de Saint-Michel offerte par le père Germain, curé de la paroisse de 1877 à 1925

La statue de Notre Dame de la Garde (à l’extérieur sur le toit de la sacristie), acheté par le père Mouton curé de la paroisse de 1842 - 1877. On peut lire sur la face est : "posuerunt me custodent mai 1864" "Ils m'ont prise comme gardienne"» et sur la face nord: "donné par Monsieur Mouton, curé de la Moutade à ses chers paroissiens".